La nature environnante, débordante et indomptable dialogue avec les corps. Elle protège, isole, recouvre, permet une respiration plus lente et apaisée. On est à la lisière, dans un espace entre deux renforcé par la présence imposante et parfois obscure de la maison où entrent des rais de lumière. Ceux-ci révèlent des détails, des silhouettes, les éléments d’une intimité réappropriée dans un espace de vie partagé. Il est impossible de tout voir, de tout révéler, une suggestion discrète laisse au spectateur sa part de liberté pour se projeter, imaginer.
Ces photographies évoquent la fragilité de nos existences, l’impermanence des êtres et des choses, le caractère insaisissable de nos vies, ce qui nous échappe, un entre deux mondes, entre réel et imaginaire, la beauté logée dans des détails infimes.
Photographier ces vies singulières est pour moi un acte poétique et politique, car j’entrevois en elles des esquisses de réponses à une société globalement en crise.